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Justizze. Art. 3 LAsi

Tribunal administratif fédéral

Demandeur d’asile togolais refusé pour invraisemblance de son engagement politique auprès du MPDD et absence de risque personnel de persécution (art. 3 al. 1 LAsi)

Date
07.03.2024
Numéro de dossier
E-244/2024
Issue
Rejeté

Normes déterminantes

Art. 83 LEI Art. 3 LAsi Art. 5 LAsi Art. 7 LAsi Art. 44 LAsi Art. 106 LAsi Art. 111a LAsi Art. 3 CEDH Art. 32 OA Art. 65 PA

Résumé

Un ressortissant togolais a déposé une demande d’asile en Suisse en alléguant avoir été candidat aux élections municipales de 2019, puis recruté par Agbéyomé Messan Kodjo, chef du Mouvement populaire pour la démocratie et le développement (MPDD), pour animer sa campagne présidentielle de 2020. Il affirme avoir participé à la surveillance de la maison de ce dirigeant opposant, avant de fuir au Ghana puis en Suisse après une tentative d’arrestation en avril 2020. Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) a rejeté sa demande, estimant ses déclarations invraisemblables. Le requérant a formé un recours devant le Tribunal administratif fédéral, contestant notamment l’établissement incomplet des faits, demandant un délai pour déposer un mémoire complémentaire et sollicitant l’octroi de l’asile ou, subsidiairement, l’admission provisoire.

Le Tribunal administratif fédéral rejette le recours. Il constate que le requérant n’a pas rendu vraisemblable sa qualité de réfugié au sens de l’art. 3 al. 1 LAsi, car ses déclarations sur son engagement politique auprès du MPDD sont largement invraisemblables : il est peu crédible qu’un dirigeant national comme Agbéyomé Messan Kodjo l’ait personnellement approché et reçu en présence de l’archevêque Philippe Kpodzro, sans que le requérant ne puisse expliquer clairement les raisons de cette démarche ni les objectifs du parti. Des incohérences factuelles renforcent ce doute : il ignore le sens du sigle « MPDD », le confond avec la « Dynamique Monseigneur Kpodzro », et sa carte du MPDD porte une date antérieure à son propre récit d’adhésion. L’attestation censée émaner de Kodjo, signée à Lomé en mai 2023 alors que ce dernier vit en exil, est jugée suspecte de complaisance. Son comportement post-fuite — un séjour d’un an au Ghana sans demander de protection, une aide spontanée et non motivée d’inconnus, un dépôt tardif de la demande d’asile en Suisse (près de neuf mois après son arrivée, une fois dénué de ressources) — ne correspond pas à celui d’une personne craignant une persécution fondée. En outre, aucune mise en danger concrète n’est établie : sa famille réside toujours au Togo, il y dispose d’un bon niveau de vie et d’une expérience professionnelle, et ses problèmes de santé sont mineurs. Le Tribunal conclut donc que l’exécution du renvoi est licite (art. 83 al. 3 LEI), raisonnablement exigible (art. 83 al. 4 LEI) et possible (art. 83 al. 2 LEI). Le grief d’établissement incomplet des faits est rejeté, car le SEM a pris en compte toutes les déclarations et pièces produites, et le requérant ne désigne aucun fait déterminant omis (art. 106 al. 1 let. b LAsi). La demande de délai pour un mémoire complémentaire est également rejetée, car il incombait au nouveau mandataire de s’assurer de la transmission des pièces (art. 53 PA). Le recours étant manifestement infondé, il est traité à juge unique (art. 111 let. e LAsi) et l’assistance judiciaire partielle est refusée (art. 65 al. 1 PA). Les frais de procédure, fixés à 750 francs, sont mis à la charge du recourant (art. 63 al. 1 PA et art. 3 let. a FITAF). Cette décision illustre la rigueur avec laquelle le Tribunal examine la crédibilité des récits dans les procédures d’asile, en particulier lorsque les éléments de preuve présentent des incohérences objectives et que le comportement du requérant contredit sa prétendue crainte de persécution.

Regeste

Asile et renvoi | Asile et renvoi; décision du SEM du 11 décembre 2023

Décision originale auprès du tribunal ↗

Le résumé, l'issue et les normes déterminantes sont établis automatiquement et peuvent contenir des erreurs. Seule la décision originale fait foi. Pas de conseil juridique.

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