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Justizze. Art. 80h EIMP

Tribunal fédéral

Client d'un avocat dépourvu de qualité pour recourir contre la transmission de documents saisis chez son mandataire (art. 80h let. b EIMP)

BGE / ATF / DTF
ATF 130 II 162 · BGE 130 II 162 · DTF 130 II 162
Date
19.01.2004
Numéro de dossier
BGE 130 II 162
Cour
CH_BGE_004
Issue
Irrecevable

Normes déterminantes

Art. 80h EIMP Art. 9a OEIMP

Résumé

Un justiciable fait l'objet d'une procédure pénale étrangère pour abus de biens sociaux et recel. L'autorité requérante française sollicite l'entraide judiciaire internationale auprès de la Suisse afin d'obtenir des informations sur des transferts de fonds passés par un compte détenu dans une étude d'avocats genevoise. Le juge d'instruction ordonne la saisie de documents relatifs à ces opérations, notamment des extraits de compte client, des notes manuscrites, une facture d'honoraires et un reçu signé par le justiciable. L'avocat remet ces pièces aux autorités suisses qui décident ensuite de les transmettre à la France. Le justiciable forme un recours administratif contre cette décision de clôture confirmée par la Chambre d'accusation genevoise, contestant la légitimité de la transmission des documents saisis chez son conseil.

Le Tribunal fédéral déclare le recours irrecevable faute de qualité pour agir du recourant. La cour examine si le client d'un avocat est personnellement et directement touché au sens de l'art. 80h let. b EIMP lorsque des documents sont saisis chez son mandataire. Elle constate que les pièces transmises concernent essentiellement un compte client détenu et géré par l'étude d'avocats, dont la gestion constitue une activité propre de l'avocat. Bien qu'un reçu mentionne le nom du recourant, celui-ci ne figure pas comme titulaire du compte bancaire visé par la demande d'entraide. Conformément à l'art. 9a let. a OEIMP, seul le détenteur des documents, ici l'avocat, possède la qualité pour s'opposer à leur transmission. Le simple fait que l'identité du client puisse être révélée à l'autorité requérante ne suffit pas à lui conférer un droit de recours autonome. Contrairement à la jurisprudence relative aux banques, l'avocat reste habilité à recourir car les documents reflètent sa propre activité professionnelle de gestion de comptes clients.

Cette décision précise la jurisprudence antérieure en distinguant clairement la situation de l'avocat de celle de la banque: alors que la banque n'a plus qualité pour recourir lorsqu'elle fournit uniquement des renseignements sur ses clients, l'avocat conserve ce droit lorsque les documents saisis témoignent de son activité propre de gestion. Le recourant ne peut donc pas invoquer l'analogie avec la jurisprudence bancaire pour obtenir la qualité pour agir. Le recours étant irrecevable, le Tribunal fédéral n'examine pas le fond de la contestation concernant la licéité de la transmission des documents.

Regeste

Rechtshilfe in Strafsachen; Beschwerderecht gegen die Übermittlung der von einem Anwalt herausgegebenen Schriftstücke; Art. 80h lit. b IRSG, Art. 9a lit. a IRSV. Die Befugnis zur Anfechtung der Übermittlung von Schriftstücken - die sich ausschliesslich auf ein Konto des Anwaltsbüros beziehen - steht allein dem Anwalt als Inhaber der beschlagnahmten Dokumente, nicht dagegen seinem Klienten zu (Präzisierung der Rechtsprechung; E. 1).

Décision originale auprès du tribunal ↗

Le résumé, l'issue et les normes déterminantes sont établis automatiquement et peuvent contenir des erreurs. Seule la décision originale fait foi. Pas de conseil juridique.

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